• De Gaulle : autopsie d’un mythe

    L’année 2020 est l’occasion pour les tenants et héritiers de « sa » république d’une célébration quasi-religieuse du fondateur de la V°du nom: De Gaulle. A savoir, les 130 ans de sa naissance, les 80 ans de « l’appel du 18 juin » et les 50 ans de sa mort .

      Célébration « religieuse » pour un personnage devenu un mythe*. Or ce mythe, cette fable donc, a été bâtie autour de « l’homme du 18 juin », devenant un dieu, associé à une date et ceci pour la 1ère fois dans l’histoire des hommes; là où d’autres voient leur nom associé à un lieu, une bataille (toute la noblesse de France), une vertu ou une qualité (les rois, Jeanne d’Arc dite « la Pucelle d’Orléans« , Bayard dit « le chevalier sans peur et sans reproche« , etc…).

    L’homme ; le dieu

      Né en 1890, 50 ans plus tard, De Gaulle n’est ni célèbre ni même vraiment connu au delà du cercle de ses intimes et relations ordinaires. Sorti 10ème de sa promotion de St Cyr (la même que le futur Maréchal Juin, sorti 1er), colonel en 1940, sa carrière militaire n’a, jusque là, été marquée par aucune action notoire si ce n’est un talent d’écrivain repéré par le Maréchal Pétain qui, après la Grande Guerre, l’intègrera à sa « maison ».

      Cette guerre de 1914/18, creuset et révélateur de tant de vertu et d’héroïsme, du « Poilu » au général en chef, n’a pas été très brillante pour celui qui, à 18 ans, utilisant déjà le pluriel de majesté, affirmait : « Quant à l’avenir, il sera grand car il sera pétri de nos oeuvres(…) ». Gratifié par erreur et précipitation d’un éloge funèbre à Verdun en 1916, il sera découvert qu’en réalité il s’est piteusement rendu à l’ennemi de manière si peu honorable que, prisonnier, les Allemands lui refuseront de porter son épée en assistant à la messe du dimanche ainsi qu’ils y autorisent, par tradition, les officiers vaincus avec honneur.

      L’après guerre le trouve donc près du Maréchal Pétain auquel il voue une admiration telle qu’il le voudrait pour parrain de son fils, né en 1921 et qu’il prénomme Philippe. Malgré une vision juste ( que la « geste gaullienne » ne manquera pas de qualifier de génie prophétique) de ce que pourra être le prochain conflit (mais dont certains spécialistes s’accordent à dire que les thèses développées sont la pensée exprimée mais non rédigée de Pétain), il subit, avec toute l’armée française, la plus grande débâcle de notre histoire. Sa carrière militaire est un échec. Ses relations politiques lui permettent d’accéder au grade de général de brigade à titre temporaire pour être nommé sous-secrétaire d’état au ministère de la guerre.

      Convaincu qu’il est appelé à un destin extraordinaire, pendant que d’autres s’attèlent à améliorer le sort des Français en atténuant le malheur de la patrie, De Gaulle imagine des solutions « abracadabrantesques » (pour reprendre le mot de l’un des ses principaux  dévôts et héritiers: J.Chirac) allant d’un « réduit breton » à une fusion entre la France et l’Angleterre qui ferait des deux pays une seule nation… Dans un pays toujours en guerre, le général de brigade à titre temporaire déserte sa patrie, s’envole pour Londres où il va désormais enfiler sa nouvelle tenue de guerre de « général micro ».

    « L’appel du 18 juin » ; le mythe

      Ayant quitté les zônes dangereuses mais plein d’ardeur pour (faire) continuer le combat, craignant toutefois qu’un autre, plus capable ou mieux reconnu par ses pairs, ne lui vole la « vedette », De Gaulle, à peine arrivé la veille, lance un appel à la radio de Londres, mise à sa disposition par Churchill qui y trouve un intérêt diplomatique de circonstances (faire pression sur le Maréchal Pétain qui, le 17, vient de demander l’armistice). Cet appel, le 18 juin, ne sera entendu par personne mais, le coup étant passé sans le couvrir de ridicule, il sera repris, corrigé pour être présenté un peu plus tard comme l’acte fondateur de la « Résistance », associée par la suite aux combats alliés contre l’Allemagne.

      Sans doute l’histoire a toujours été écrite par les vainqueurs. Et, après tout, pourquoi n’admettrions nous pas que cet appel ait été l’étincelle du sursaut salvateur d’un Français n’acceptant pas la défaite ?

      Parce que le mensonge accompagne ce non-évenement ; non seulement lorsqu’il se produit  mais aussi pendant la durée de la guerre et surtout après, lors de la reprise de possession du pays par l’antiFrance dont toutes les composantes se revendiquent de ce général félon.

    Quel fut cet « Appel du 18 juin 1940 » ?

      « Les chefs qui, depuis de nombreuses années, sont à la tête des armées françaises, ont formé un gouvernement.

      Ce gouvernement, alléguant la défaite de nos armées, s’est mis en rapport avec l’ennemi pour cesser le combat.

      Certes, nous avons été, nous sommes submergés par la force mécanique, terrestre et aérienne de l’ennemi. Infiniment plus que leur nombre, ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui nous font reculer. Ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui ont surpris nos chefs au point de les amener là où ils en sont aujourd’hui.

      Mais le dernier mot est-il dit ? L’espérance doit-elle disparaître ? Ladéfaite est-elle définitive ? Non !

      Croyez-moi qui vous parle en connaissance de cause et vous dis que rien n’est perdu pour la France. Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent faire venir la victoire.

      Car la France n’est pas seule ! Elle n’est pas seule ! Elle a un vaste empire derrière elle. Elle peut faire bloc avec l’empire britannique qui tient la mer et continue la lutte. Elle peut, comme l’Angleterre, utiliser sans limites, l’immense industrie des Etats-Unis.

      Cette guerre n’est pas limitée au territoire malheureux de notre pays. Cette guerre n’est pas tranchée par la bataille de France. Cette guerre est une guerre mondiale. Toutes les fautes, tous les retards, toutes les souffrances, n’empêchent pas qu’il y a dans l’univers, tous les moyens pour écraser un jour nos ennemis. Foudroyés aujourd’hui par la force mécanique, nous pouvons vaicre dans l’avenir par une force mécanique supérieure. Le destin du monde est là.

      Moi, général De Gaulle actuellement à Londres, j’invite les officiers et les soldats français qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s’y trouver, avec leurs armes ou sans leurs armes, j’invite les ingénieurs et les ouvriers spécialisés des industries d’armements qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s’y trouver, à se mettre en rapport avec moi.

      Quoiqu’il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas

      Demain, comme aujourd’hui, je parlerai à la radio de Londres ».

       Un peu long et malgré la situation de son auteur intervenant de l’étranger, cette intervention radio-diffusée peut paraître, si ce n’est justifiée, du moins répondre à un légitime désir de ne pas s’avouer vaincu. Mais ce 1er « appel », non entendu, fut remplacé par celui-ci:

      « La France a perdu une bataille ! Mais la France n’a pas perdu la guerre !

      Des gouvernants de rencontre ont pu capituler, cédant à la panique, oubliant l’honneur, livrant le pays à la servitude. Cependant, rien n’est perdu !

      Rien n’est perdu parce que cette guerre est une guerre mondiale.

      Dans l’univers libre, des forces immenses n’ont pas encore donné. Un jour, ces forces écraseront l’ennemi. Il faut que la France, ce jour là, soit présente à la victoire. Alors elle retrouvera sa liberté et sa grandeur. Tel est mon but, mon seul but !

      Voilà pourquoi je convie tous les Français, où qu’ils se trouvent, à s’unir à moi dans l’action, dans le sacrifice et dans l’espérance.

      Notre patrie est en péril de mort, luttons tous pour la sauver.

      Vive la France ! »

      Plus court, ce second appel, diffusé quelques jours plus tard, est présenté comme l’authentique appel historique du 18 juin. Or il pose des mensonges qui ne figuraient pas dans le 1er appel (et pour cause…) comme bases de réflexion et d’action rendues légitimes par leur seule affirmation.

      Ainsi des « gouvernants de rencontre » pour qualifier le gouvernement du Maréchal Pétain appelé par le Président du Conseil, Paul Reynaud, et nommé par le Président de la République, Albert Lebrun.

      Ainsi d’une « capitulation » pour désigner un armistice dont aujourd’hui tous les historiens s’accordent à dire qu’il sauvât non seulement la France mais toutes les nations en guerre contre l’Allemagne. Et ces termes sont employés par un militaire qui n’ignore pas la différence entre « armistice » et « capitulation ».

    Quand de Gaulle était l’aide de camp du maréchal Pétain (Dinant, 1927)

      Ces mensonges et cette date maintenue du 18 juin sont affirmés pour nier toute légitimité au gouvernement du Maréchal Pétain et s’imposer, lui, général De Gaulle, comme le seul dépositaire de l’autorité du gouvernement de la France dont il est le représentant (…en fuite à Londres).

      Toute la carrière politique de De Gaulle sera ainsi bâtie sur ces mensonges et jusqu’à la fin de sa vie, il ne reconnaîtra jamais la légitimité du gouvernement Pétain demandant l’armistice puis instituant l’Etat Français avec mandat exprès de l’Assemblée Nationale et du Sénat réunis le 10 juillet 1940 et à l’unanimité du peuple français meurtri et souffrant, resté sur le sol de France.

      Comme tous les usurpateurs, son souci premier sera de défendre et justifier cette fausse légitimité qu’il s’est octroyée. Cela passera par la dénonciation et nécessité d’abattre le régime honni, déclaré illégitime « de Vichy ».

      Que le doute s’installe et De Gaulle redevient aussitôt le « colonel déserteur » qu’il est au regard des faits et des dates. Il sera donc contraint toute sa vie d’éliminer tout (et tous) ce qui pourrait remettre en cause cette légitimité que lui sait fausse mais qu’il a imposée à tous. C’est là tout le secret du « génie » de cet homme, contraint de réussir et qu’un orgueil incommensurable doublé de la peur de tout perdre ont poussé à multiplier les malheurs des Français, de la France elle-même.

      Que l’on en juge par l’installation de la IVème république à laquelle il présida avec le retour des loges, communistes et tous lobbys d’influence; puis plus tard avec la Vème république née dans le mensonge encore (« Vive l’Algérie Française« ) et le sang des Français, d’Algérie, de métropole, soldats de l’honneur et harkis, tous trompés par ce prince du mensonge.

      Nonobstant son appel mythique, De Gaulle n’a jamais fait tuer que des Français, que ce soit pendant la 2ème guerre mondiale ou, à partir de 1958, en Algérie.

      Avec ceux de ses proches, amis, collaborateurs qui, plus tard, évoquaient simplement l’Etat Français en tant que gouvernement légitime, fut-ce pour le dénoncer, il rompait ou les reprenait avec mépris (Colonel Rémy et jusqu’à son propre fils qui « dérapa » lors d’une émission télévisée).

      Jacques Chirac affirmant la France imprescriptiblement coupable (et amendable à proportion, bien sûr) de la « raffle du vel d’hiv » programmée par « Vichy » se serait vu illico contraint à la repentance par son mentor et maître es-mensonge.

       Aujourd’hui, il n’y a plus guère que Marine Le Pen, en mal de dédiabolisation, pour continuer à affirmer que la seule légitimité gouvernementale en 1940 était à Londres avec De Gaulle.

    La Vérité ou la mort

      Voici donc remis en lumière le mythe de « l'homme du 18 juin ».

      Nous avons évoqué au début de cet article une célébration quasi-religieuse. C’est le propre des mythes d’évoluer en objet de foi, parfois très loin de toute vraissemblance. La mythologie fait de ses acteurs des êtres à part, dieux et déesses qui conditionnent la vie de tous les hommes. La vérité importe peu. C’est l’usage que l’on en fait qui permet de façonner l’avenir. On voit ou imagine les abus qui en découlent obligatoirement.

      Notre époque est particulièrement friande de mythologie. Ayant perdu le réflexe d’une simple  observation des choses et la conscience de l’homme à la fois corps et esprit, nos contemporains se ruent dans la crédulité parfois la plus ridicule mais aussi la plus avilissante et asservissante.

       Le 1er mensonge du « 18 juin », inavoué et jamais corrigé, engendrera très logiquement tous ceux qui suivirent et que nous subissons largement avec la Vème république dans laquelle se meuvent tous nos politiciens, menteurs et incapables, dans la ligne de son glorieux fondateur dont le seul talent fut dans la communication; discours et postures donnant le change à une décadence que, 10 ans après son accession au « trône », mai 68 et sa « chienlit » ont confirmé et perpétuent.

      Le mythe De Gaulle doit tomber comme d’autres mythes du XXème siècle. Il est de notre devoir de dire et transmettre la vérité à son sujet sous peine de mourir enchaîné à une histoire mensongère et manichéenne établie pour dresser éternellement les Français contre les Français pour le plus grand et seul profit de l’antiFrance.

      « La Vérité (nous) rendra libres ». St Jean VIII-32

    François  ALEXANDRE

    *mythe: du grec muthos, la fable ; récit de temps fabuleux et héroïques / récit légendaire qui comporte souvent une signification symbolique et met en scène des dieux. La psychologie et la sociologie considèrent le mythe comme une forme d’explication du monde proche de la religion. (Larousse 1981)

    Pour approfondir le sujet, on lira avec interêt le livre de Florent Gintz, Autopsie du mythe gaulliste, éditions Godefroy de Bouillon – 2003

     

    Source : https://jeune-nation.com/kultur/histoire/de-gaulle-autopsie-dun-mythe?fbclid=IwAR3T47wkgui8_AQ2Xmyj1sQ6HHRsucZ57hsq3p0xW9utP8JqHStXQH0j9DM

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